Marechal Mortier

La statue du Marechal Mortier est liée à notre ville et à son Histoire puisque nous devons au Maréchal Mortier, fait duc de Trévise en 1808 par Napoléon Ier une partie du nom de notre commune.

 

Il reste étroitement attaché au château de La Lande. Cette vaste propriété est à cette époque sur deux territoires : La Queue-en-Brie et Villiers sur Marne. ; car comme vous le savez le Plessis-Trévise ne sera une commune à part entière que le 1er juillet 1899.

Le Maréchal Mortier achète donc cette propriété en 1812 ainsi que la Ferme du Plessis-Saint-Antoine et celle des Bordes. Le parc est alors un vaste domaine clos et boisé de 400 ha.

A partir de 1820 c’est là qu’il vit avec sa femme et ses 7 enfants.

Il sera maire de La Queue-en-Brie de 1821 à 1829.

Il habitera ce domaine jusqu'à sa mort en 1835.

Sa veuve mourra au Plessis-Trévise vingt ans plus tard.

La propriété sera alors vendue par lots à partir de 1856.

 

Le Maréchal Mortier connut une carrière tout à fait exceptionnelle.

Né en 1768 à Cateau-Cambrésis, il est fils d’un marchand de toile.

En 1789 il siège comme député du Tiers Etat.

En 1791 il est Volontaire pour défendre la Patrie en danger.

8 ans plus tard il est général de division.

En 1803 il conquiert Hanovre.

L’année suivante il est fait Maréchal d’Empire.

En 1814 Louis XVIII le fait Pair de France.

Durant les 100 jours il rallie l’Empereur.

Louis XVIII lui rend sa pairie à vie en 1819.

Ces faits d’armes sont nombreux.

Colonel général commandant l’artillerie et les marins de la Garde Consulaire, puis Impériale, commandant l’infanterie de la Garde de la Grande Armée, il se distingue pendant les campagnes de 1805, 1806 et 1807, puis à l’armée d’Espagne de 1808 et 1811.

Pendant la campagne de Russie (1812), il commande la Jeune Garde.

Gouverneur de Moscou, il évacue la capitale le dernier.

Il participe aux campagnes d’Allemagne (1813), puis de France (1814) où il commande la Vieille Garde.

Il prend part à la défense de Paris, dont il signe la capitulation le 30 mars 1814.

Après l’épopée napoléonienne ses relations avec Les Bourbons sont plus tendues.

A la seconde Restauration il est destitué pour avoir refusé de juger le Maréchal Ney.

De 1816 à 1819 il sera député du Nord.

Louis-Philippe le fera ambassadeur de Russie de 1830 à 1832

Il sera grand chancelier de la Légion d’honneur en 1831, président du Conseil et ministre de la guerre (de novembre 1834 à mars 1835),

Le 28 juillet 1835 il quitte sa propriété de la Lande pour rejoindre Louis-Philippe à Paris.

Ce jour là il sera tué dans l’attentat dit de la machine infernale Fieschi en protégeant du haut de ses 1m95 et de sa large carrure le roi Louis-Philippe.

Il repose aux Invalides.

Bien que le roi lui doive la vie ce n’est que le 24 juin 1843 soit 8 ans après sa mort que Louis-Philippe passe commande d’une statue du maréchal Mortier.

Cette commande s’intègre dans la vaste réalisation de Louis-Philippe de faire un musée, à Versailles, à toutes les gloires de la France.

Louis-Philippe inaugura le musée en 1837.

La statue rentrera dans les collections du domaine de Versailles le 5 décembre 1845.

La statue sera réalisée pour un montant de 8 000 francs de l’époque.

Nous savons même que l’artiste fut payé le 9 mars 1846.

Le sculpteur de cette œuvre est Théophile BRA (1797-1863).

Cet artiste est né à Douai en 1797.

Il est fils de sculpteur. En 1807 il accompagne son père qui était employé à la décoration du Louvre.

Il entre à l’Ecole des Beaux Arts.

En 1816 et 1817 il participe au concours du Prix de Rome.

Il obtient le 2ème grand prix en 1818.

L’année suivante il remporte le prix de la tête d’expression.

Il exposera régulièrement au Salon de 1818 à 1839.

Il travaille à de nombreuses commandes d’Etat. Il réalise principalement des bustes, des statues d’hommes illustres ou des allégories religieuses ou militaires. Il est l’auteur de deux bas reliefs symbolisant l’infanterie pour l’Arc de Triomphe à Paris.

Il obtient la Légion d’honneur en 1825.

Sa dernière œuvre parisienne est Lamoignon de Malesherbes pour la Salle des séances du Sénat.

En 1847 il se fixe à Lille où il réalise de nombreuses œuvres pour le Palais de Justice ou l’Hôtel de ville.

Il fut également un excellent dessinateur. Il fut un ami personnel de Balzac

Ce dernier admirait tant son œuvre qu’il lui inspira un roman  intitulé: Séraphita

Pour l’anecdote Théophile Bra travailla la statue du Maréchal Mortier sur une sculpture déjà existante et qui représentait le général Colbert.

Elle devait orner le pont de La Concorde.

La statue restera dans les réserves jusqu’en 1843, date à laquelle Théophile Bra la transformera à l’effigie du Maréchal Mortier.

Il existe trois versions de cette statue :

une en bronze de 2m60 qui est à Cateau-Cambresis, ville natale du Maréchal Mortier

une en plâtre dont nous avons perdu la trace

et une en marbre de 2m10 qui se trouve devant nos yeux

Voici le descriptif de la notice de l’œuvre faite en 1880 dans le catalogue du musée national de Versailles par Eudore Soulié.

« Statue en pied, la jambe droite en avant, de face, tête légèrement tournée vers sa droite. Il est vêtu d’une veste d’uniforme avec épaulettes et d’un pantalon, chaussé de hautes bottes ; l’écharpe de commandement nouée à la taille. La main gauche est en appui sur la garde de son sabre, il tient dans la main droite le bâton de maréchal. Il porte le ruban et la décoration de l’ordre de la Légion d’honneur. A ses pieds, l’affût d’un canon et un boulet. »

 

La statue sera placée au musée impérial de Versailles au rez-de-chaussée de l’aile nord, aile dédiée aux statues et bustes des Maréchaux d’Empire.

Elle est placée au passage « de bois » donnant sur les jardins.

La statue sera retirée en 1962.

 

Depuis le 20 juin 1963 le domaine de Versailles l’a mise en dépôt dans notre ville.

 

Son renouvellement a été signé le 24 décembre 1980.

Consciente de son patrimoine la ville du Plessis-Trévise, sous l’impulsion de Monsieur Humblot, a acheté lors d’une vente aux enchères en 1987 le bâton du maréchal Mortier que Louis XVIII lui avait offert.

Afin de réaliser le parking de la mairie la statue du Maréchal Mortier a été déplacée le 26 juillet 2006 du parvis de l’hôtel de ville pour être déposée aux ateliers municipaux.

Cet été deux campagnes de restaurations ont eu lieu pour réparer les outrages du temps.

Mesdames Roumégoux et Thibaudeau ont nettoyé la statue de ses lichens, champignons et autres parasites.

Monsieur Bourgeois est ensuite intervenu pour réparer des parties fragilisées tels que le sabre, le bâton de maréchal, les mains et les pieds. 

La statue a été ensuite placée dans le parc du château des Tourelles.

Monsieur Krazoski de la société A2K a supervisé la réalisation du socle sur lequel repose désormais la statue du maréchal Mortier.

 

La ville est particulièrement fière de contribuer à la préservation du patrimoine nationale et remercie le Domaine public de Versailles de la confiance qu’il nous accorde en nous laissant en dépôt cette œuvre liée à l’Histoire de France mais également de façon plus intime à celle de notre ville.